Évolution des comportements et choix du mode de transport

Évolution des comportements et choix du mode de transport

Comment expliquer le choix d’un mode de transport plutôt qu’un autre ? Quels sont les leviers favorables aux changements de pratiques de déplacement ? La communication peut-elle provoquer ou accompagner ces changements et comment ? Sircome a participé à deux formations, organisées par le CNFPT, pour apporter des éléments de réponse à ces questions.

Les élus et responsables techniques des collectivités élaborent et mettent en œuvre des politiques de mobilité durable sur leurs territoires, en s’efforçant de répondre à la fois aux demandes des citoyens et aux paradigmes du développement durable, parfois peu convergents. En effet, il ne suffit pas que l’offre de mobilité s’élargisse pour que l’usage de la voiture individuelle régresse.

Le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT) a organisé deux sessions de formations sur le thème de l’évolution des comportements et du choix du mode de transport : à Grenoble les 15-16 septembre puis à Poitiers du 28 au 30 septembre.

Une douzaine de responsables de services déplacements, chargés de mission mobilité, conseillers en mobilité, chargés d’études… de collectivités de taille diverses ont participé à chaque session. Leurs attentes étaient diverses :

  • Comprendre l’évolution des comportements pour anticiper ou adapter les projets et augmenter les chances de report modal.
  • Disposer d’un maximum d’éléments sur la mobilité pour orienter le choix des élus.
  • Convaincre au mieux les usagers de la route d’utiliser des modes de déplacement doux.
  • Adapter le réseau de transports aux comportements des usagers et des clients.
  • Améliorer l’évaluation des projets urbains de desserte que la Région finance.
  • Comprendre pourquoi certaines agglomérations ne parviennent pas à inverser la tendance du tout voiture.
  • Connaître les outils pour mieux appréhender les évolutions des comportements et des choix de mobilité des habitants.
  • Se questionner sur les solutions de mobilité à développer sur un territoire en tenant compte de l’offre, de la demande, des habitudes de déplacement des usagers.

Focus sur la psychosociologie, avec Xavier Brisbois

Xavier Brisbois, docteur en psychologie sociale et consultant partenaire de Sircome, a assuré une demi-journée de formation intitulée « Le processus de décision dans le choix modal et le changement de comportement ».

Il a tout d’abord présenté des éléments empiriques sur l’exemple du choix du mode de transport : la théorie du choix rationnel et ses limites, comprendre les raisons des choix modaux du point de vue des usagers, les fonctions qui distinguent les transports collectifs et la voiture particulière, la relativité de l’importance d’un bénéfice opérationnel (le temps de trajet) vis-à-vis d’un bénéfice symbolique (l’image de soi).

En s’appuyant sur de nombreux résultats d’études et d’expérimentations, Xavier a ensuite développé les éléments théoriques sur la capacité des individus à changer de comportement. Il existe selon lui trois conditions au changement de comportement : rompre l’habitude (conditionnement et déconditionnement), avoir une raison de changer (lien attitude-comportement) et passer à l’acte (la théorie de l’engagement).

L’objectif de Xavier était d’apporter aux décisionnaires et aux acteurs des politiques de mobilité les moyens de comprendre à quel point l’évolution des pratiques et des mentalités est un processus qu’il faut prendre en compte et comment le faire. Se contenter de penser aux infrastructures pour faire face aux innombrables problèmes issus du modèle de mobilité actuel est insuffisant. L’action technique peut et devrait être plus systématiquement complétée d’une action comportementale.

Focus sur la stratégie de communication, avec Mathieu Jahnich

Mathieu Jahnich, CEO de Sircome, est ensuite intervenu pour présenter les enjeux stratégiques de communication, dans le domaine des transports et plus largement des politiques de développement durable des territoires : énergie, déchets, biodiversité, consommation responsable…

En illustrant ses propos de nombreux exemples de campagnes de communication, en France et à l’international, Mathieu a présenté les bases de la communication : définir les objectifs, identifier et prioriser les publics, construire les messages adaptés, choisir les bons outils de communication, définir le planning, identifier les indicateurs et mettre en place le tableau de bord de suivi, affecter les moyens…

Certaines campagnes ont été plus précisément détaillées et discutées comme « Le concours du trajet le plus ridicule en voiture » (Malmö, Suède), « Use only what you need » (Denver Water, Colorado, USA), « Hébergez-vous des énergivores chez vous ? » (Belgique), « Autopatch » (Chambéry), « Super-tri » (Grenoble), « Je change, ça change tout » (Rennes), « Kamasutri » (Angers), « Eau de Genève » (Genève, Suisse)…

En conclusion, Mathieu a rappelé les enjeux de communication responsable. En effet, les règles de la publicité responsable ne s’appliquent pas qu’aux entreprises privées : les acteurs publics sont également concernés. De surcroît, les collectivités territoriales ont tout intérêt à assurer la cohérence entre leurs messages et leurs supports de communication. Il est alors important de rappeler à ces acteurs les principaux signes de greenwashing et les étapes de l’éco-socio-conception d’une édition, d’un événement ou d’une vidéo.

La pertinence de notre approche « de la recherche à l’action »

Nous espérons que cette double intervention a permis de mettre en lumière l’apport du cabinet Sircome pour les collectivités, grâce à son positionnement « de la recherche à l’action » :

  • faire intervenir des chercheurs-consultants comme Xavier qui sont capables d’identifier et d’expliquer les freins et leviers aux changements de comportements, à partir de la littérature existante et d’enquêtes sur le terrain ;
  • analyser et interpréter les données pour co-construire une stratégie cohérente avec les objectifs et les moyens de la collectivité ;
  • accompagner le chef de projet dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des actions de sensibilisation, de communication et d’engagement auprès des différents publics.

Crédit Photo : Fotolia

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Rachel Trioreau

À Propos de Rachel Trioreau

Encore étudiante, Rachel a soif d’apprendre. Comme le dit l’adage « savoir d’où l’on vient, c’est savoir où l’on va », Rachel est persuadée que la recherche doit précéder l’action pour que celle-ci soit efficace. A Sircome, elle occupe le poste de chargée de communication digitale junior. En parallèle, elle suit le master 2 « communication des entreprises et médias sociaux » de l’université Paris-Est Marne-la-Vallée.