Obsolescence programmée et consommation responsable

Obsolescence programmée et consommation responsable

Le Comité Economique et Social Européen a publié l’étude « Influence of Lifetime Information on Consumers ». Réalisée par Sircome en collaboration avec l’UBS, cette première étude européenne sur l’obsolescence programmée envoie un signal clair et fort aux pouvoirs publics et aux entreprises : les consommateurs sont attentifs et prennent en considération l’information sur la durée de vie au moment de l’acte d’achat.

En effet, l’étude révèle que les consommateurs choisissent davantage de produits ayant une durée de vie plus longue (+ 56 % d’augmentation des ventes en moyenne) quand l’information est proposée. Cela concerne toutes les zones géographiques concernées par l’enquête, de nombreux produits (électroménager, high-tech, vêtements et loisirs) et toutes les gammes de prix (bas de gamme, milieu de gamme et premium).

Aujourd’hui, le fabricant connaît précisément la durée de vie moyenne des produits qu’il conçoit, la fréquence d’apparition des premières pannes et leurs causes. De son côté, le consommateur n’a accès qu’à des informations parcellaires : celles transmises par les distributeurs (par exemple sur la disponibilité des pièces détachées, qui sont souvent imprécises voire fausses)  et, dans de trop rares cas, celles apportées directement par les fabricants, sur le packaging ou le site web. Selon les experts réunis à la table-ronde organisée par Sircome le 5 avril, cette asymétrie entre les fabricants et les consommateurs ne peut plus durer. Les citoyens doivent avoir accès à davantage d’informations sur la durée de vie des produits qu’ils achètent.Tweet This

Obsolescence technique ou psychologique, durée de vie moyenne ou minimale, réparabilité, intensité d’usage, robustesse, garantie… Comment ces différents concepts sont-ils interprétés par les acteurs et notamment par le grand public ? Par exemple, l’affichage « durée de vie : 8 000 heures » pour une ampoule ou « 10 000 tasses » pour une cafetière est-il compréhensible par les consommateurs ?

Se pose également la question du contrôle des annonces faites par les fabricants dans les rayons ou sur le web. Comment vérifier qu’un engagement « pièces de rechange disponibles pendant 8 ans » pris en 2015 sera effectivement tenu en 2023 ? Où sont stockées ces pièces ? Que se passe-t-il si l’entreprise met la clé sous la porte entre temps ?

Enfin, la mise en lumière des « bonnes pratiques » est un élément clé pour valoriser les acteurs qui s’engagent et pour dynamiser la prise de conscience et inviter à l’action. Plusieurs projets ont ainsi été présentés :

  • le site produitsdurables.fr lancé par l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) qui permet aux consommateurs de signaler les produits suspects et les produits durables ;
  • le label « Produit réparable 10 ans » qui concrétise l’engagement du groupe SEB dans la réparabilité de leurs produits et qui va être petit à petit affiché sur les packagings ;
  • un projet expérimental dans la région de Dijon où les consommateurs peuvent louer des appareils électroménagers sur de courtes périodes, collaboration entre SEB, l’ADEME, le réseau Envie et des universitaires ;
  • un projet de normalisation d’un label durée de vie par l’AFNOR et LNE.

Les intervenants à la table-ronde :

  • Thierry Libaert, Conseiller au Comité Economique et Social Européen, à l’origine de cette étude
  • Éric Vidalenc, chef du Pôle Ville Durable et Énergie à la Direction Régionale Nord-Pas de Calais de l’ADEME, auparavant animateur de la prospective au Service Économie.
  • François-Michel Lambert, Député écologiste des Bouches-du-Rhône et vice-président
    de la commission DD de l’Assemblée nationale
  • Alain Pautrot, vice-president after-sales & customer satisfaction du groupe SEB
  • Mathieu Jahnich, spécialiste en communication environnementale et CEO de Sircome, responsable de l’étude «Influence of Lifetime Information on Consumers » réalisée pour le compte du Comité économique et social européen

Dans le public : des représentants d’organismes publics (Ministère de l’écologie, AFNOR, Laboratoire national d’essai), d’entreprises (Nespresso), d’associations (HOP, FNE), d’universités (Université de Bretagne Sud, Université de Louvain)…

Cette étude aura mobilisé les chercheurs et consultants de Sircome et nos partenaires à l’UBS et à l’USB pendant 10 mois. Nous remercions les personnes ayant pris le temps de participer à l’expérience et de relayer l’information dans leurs réseaux. Nous espérons que les résultats feront avancer la lutte contre l’obsolescence programmée et pour une consommation plus responsable.

 

Communiqué de presse : http://www.eesc.europa.eu/?i=portal.fr.press-releases&itemCode=38846

Le rapport complet est téléchargeable ici : http://www.eesc.europa.eu/resources/docs/16_123_duree-dutilisation-des-produits_complet_fr.pdf

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Rachel Trioreau

À Propos de Rachel Trioreau

Encore étudiante, Rachel a soif d’apprendre. Comme le dit l’adage « savoir d’où l’on vient, c’est savoir où l’on va », Rachel est persuadée que la recherche doit précéder l’action pour que celle-ci soit efficace. A Sircome, elle occupe le poste de chargée de communication digitale junior. En parallèle, elle suit le master 2 « communication des entreprises et médias sociaux » de l’université Paris-Est Marne-la-Vallée.