Les images de notre site : une mise en valeur de la recherche (partie 4)

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La naissance d’une grande étoile

« MY Camelopardalis » est une étude sur le système binaire. Elle a été publiée par la revue Astronomy & Astrophysics et a démontré que les étoiles massives se formaient suite à la fusion d’autres étoiles plus petites ; comme le prédisaient les théories.

Dans notre galaxie, une grande partie des étoiles se sont formées en systèmes binaires ou multiples. Certaines d’entre elles se font appelées « étoiles binaires à éclipse » c’est à dire qu’elles ont été formées par deux ou plusieurs étoiles qui, observées depuis la Terre, subissent des éclipses et transitent mutuellement afin d’avoir leur orbite orientée vers notre planète. Parmi ces étoiles binaires à éclipse, l’une des plus massives est « MY Camelopardalis » (MY Cam) présentée dans un article de la revue Astronomy & Astrophysics (A&A). L’article en question restitue les résultats des observations réalisées à l’observatoire de Calar Alto (Almería) par les astronomes de l’université d’Alicante, du Centre Astrobiologique du Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique (CAB-CSIC), de l’Institut d’Astrophysique des Canaries (IAC) ainsi que de quelques astronomes amateurs.

Dans cet article, les chercheurs concluent que MY Cam est l’étoile binaire à éclipse la plus massive que l’on observe. Elle est composée de deux étoiles de type spectral (d’une couleur bleue, très chaude et lumineuse), représentant 32 à 38 fois la masse du Soleil. Celles-ci se trouvent encore dans la phase principale et se rapprochent l’une de l’autre pendant une période orbitale de moins de 1,2 jour. C’est la période orbitale la plus courte pour ce genre d’étoiles.

La combinaison de ces deux derniers points indique que l’étoile binaire à éclipse se forme pratiquement comme l’on se rencontre aujourd’hui. En effet les deux étoiles étaient quasiment en contact au moment de leur formation.

L’évolution prévisible du système est la fusion des deux composantes en un seul et unique objet de plus de 60 masses solaires, avant même que l’une d’entre elles ait eu le temps d’évoluer significativement. Ces résultats montrent la viabilité des modèles théoriques qui suggèrent que les étoiles plus massives se forment suite à la fusion de plusieurs plus petites étoiles.

Plus d’informations sur les systèmes binaires massifs :

Les étoiles comme le soleil, qui se déplacent seule dans la Galaxie en ayant leur propre système planétaire sont minoritaires. La majeure partie d’entre elles passent leur vie à être attirées par la force de gravité, vers une autre étoile (en formant ce qui se nomme un système binaire) ou plusieurs (ce qui est connu comme système multiple).

« Dans ce système – explique Javier Lorenzo, de l’université d’Alicante et auteur de l’article d’origine – les étoiles décrivent une orbite autour d’un centre commun de masse. En particulier les étoiles beaucoup plus massives que le soleil, qui équivalent plusieurs soleils à elles toutes seules, ont tendance à toujours être accompagnée. Des études récentes suggèrent que toutes ces étoiles très massives, beaucoup plus grandes et chaudes que le Soleil, forment une partie du système accompagné d’au moins une étoile de masse comparable. Un exemple particulièrement notable est celui du système binaire connu comme MY Camelopardalis (MY Cam) dans la constellation de la Girafe. C’est l’étoile la plus brillante de l’amas ouvert « Alicante 1 » qui fut récemment identifié comme une « nurserie stellaire » par les chercheurs de l’Université d’Alicante. Bien que l’on sache depuis 50 ans que MY Cam est une étoile de très grande masse, cela fait moins de 10 ans qu’elle est reconnue comme binaire à éclipse, un système dans lequel une étoile passe devant une autre chaque fois qu’elle complète une orbite, donnant lieu à des changements de luminosité dans le système, perceptibles depuis la Terre. Cette propriété propre aux étoiles binaires à éclipse permet, en étudiant la lumière qui émane de ces étoiles et grâce à l’application de la loi universelle de gravitation de Newton, de connaître de nombreuses caractéristiques des étoiles composantes.

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Représentation artistique du système MY Cam. Les proportions entre les deux composantes reflètent les résultats de l’analyse. Les étoiles sont déformées suite à la rotation rapide de leur orbite, accentuée par l’attraction de la gravité.

Cet article fait suite à notre article concernant la survie des micro-organismes dans des environnements extrême. Il s’inscrit dans notre volonté de mettre en avant la recherche, à travers des images sélectionnées par nos soins qui font toutes référence à des projets scientifiques passionnants. Cette photographie illustre notre volonté à mettre en lumière les leviers de changement.

Découvrez les recherches captivantes qui se cachent derrière les phrases « faire de la recherche une alliée de la communication » et « agir au service de l’éco-innovation ».

 

Crédit Photo : l’équipe de recherche de l’étude “MY Camelopardalis”

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Rachel Trioreau

À Propos de Rachel Trioreau

Encore étudiante, Rachel a soif d’apprendre. Comme le dit l’adage « savoir d’où l’on vient, c’est savoir où l’on va », Rachel est persuadée que la recherche doit précéder l’action pour que celle-ci soit efficace. A Sircome, elle occupe le poste de chargée de communication digitale junior. En parallèle, elle suit le master 2 « communication des entreprises et médias sociaux » de l’université Paris-Est Marne-la-Vallée.