Les images de notre site : une mise en valeur de la recherche

Les images de notre site : une mise en valeur de la recherche

Les images qui apparaissent sur la page d’accueil de notre site ont été soigneusement sélectionnées pour leur esthétique et leur capacité à illustrer notre positionnement. Elles sont reliées à des projets scientifiques passionnants, que nous allons vous présenter dans les semaines qui viennent. Commençons par la photo de la « main négative » tirée d’un panneau de la grotte Chauvet, qui illustre notre volonté « d’agir au service de l’éco-innovation ».   

La grotte Chauvet-Pont d’Arc, découverte en Ardèche en 1994, abrite les plus anciennes peintures de l’humanité, d’une finesse esthétique rare. Elle contient plus de 400 peintures et gravures d’animaux (félins, mammouths, rhinocéros laineux, chevaux, ours des cavernes…), complétées par des signes et symboles (comme la « main négative » que nous avons choisie).  Elles ont été réalisées par des artistes maîtrisant des techniques aussi complexes que l’estompe, la perspective, le rendu des volumes ou la représentation du mouvement, à l’aide de pigments charbonneux ou de pigments rouges minéraux.

Les pigments charbonneux contiennent du carbone et des datations au « carbone 14 » ont pu être réalisées, en particulier par deux laboratoires du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA, LSCE et LMC14). Les résultats montrent  que la grotte a été fréquentée au cours de deux périodes : l’une située entre -37 000 et -34 000 ans environ (culture aurignacienne) et l’autre entre -31 000 et -29 000 ans (culture gravetienne).

Malgré ces résultats, certains préhistoriens restent dubitatifs. Ils sont persuadés que l’art préhistorique a évolué d’une forme primitive (simples dessins géométriques) vers son épanouissement (représentations de plus en plus figuratives) à l’époque de Lascaux il y a 17 000 ans. Selon eux, la détermination de l’âge des charbons de bois n’indique pas forcément la date de leur utilisation.

C’est là que Jean-Marc Elalouf et son équipe de paléogénomique entrent en jeu. Ces chercheurs du CEA (LTG) étudient le génome d’espèces éteintes à partir d’échantillons archéologiques au moyen des méthodes de séquençage à haut-débit de l’ADN. Concrètement, ils ont collecté et analysé des ossements d’ours des cavernes présents dans tous les secteurs de la grotte Chauvet. Ils ont ainsi pu établir un arbre phylogénique très précis de l’ours des cavernes et prouver que l’espèce avait disparu d’Ardèche il y a 32 000 ans.  Les dessins d’ours des cavernes sont donc très anciens et ont dû être réalisés durant la phase ancienne de fréquentation humaine, à l’aurignacien !

Les travaux de Jean-Marc Elalouf montrent que cette analyse génomique d’espèces éteintes contribue à évaluer l’âge des peintures. Il apparait de plus en plus clairement que les premiers hommes modernes du Paléolithique supérieur qui ont peuplé la France maîtrisaient parfaitement les techniques picturales.

Le choix de cette photo est un clin d’œil à la capacité d’innovation de l’Homme, dans les domaines de l’art pictural puis de la science et de la technologie… et aux origines ardéchoises du fondateur de Sircome.

© Ministère de la Culture et de la Communication / J. MONNEY

© Ministère de la Culture et de la Communication / J. MONNEY

Dans les semaines qui viennent, nous vous présenterons les projets de recherche qui se cachent derrière les autres images sélectionnées. Ils sont portés par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) en France, l’Université d’Alicante en Espagne et l’Université de Bristol en Angleterre. Un beau voyage en perspective.

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Mathieu Jahnich

À Propos de Mathieu Jahnich

« De la recherche à l’action » : la signature de l’agence illustre bien le parcours de son fondateur. Après l’obtention d’un doctorat et la participation à plusieurs projets de recherche en communication, Mathieu passe chez l’annonceur (Ministère DD, Ifremer, CEA). Puis il se lance dans le conseil, avec générosité et ouverture d’esprit, et fonde Sircome. Il conserve un pied à l’Université en tant que maître de conférences associé.